Vendredi Saint férié, une particularité locale

Si nous regardons les calendriers religieux nous sommes dans la semaine sainte pour les chrétiens ainsi que dans le temps de Pessah pour les juifs. Si nous regardons le calendrier des congés : il n’y a pas que les écoliers en repos aujourd’hui, nous sommes tous en repos ce Vendredi saint en Alsace-Moselle !

La chance de ce petit plus férié n’est pas à chercher (comme on l’entend trop souvent) dans les textes du Concordat de 1801 signé par Napoléon Bonaparte et qui établit seulement les relations et la hiérarchie entre l’État français et les religions catholique, protestante et juive (enseignement de la religion, nominations des ministres du cultes,…) ; non, l’instauration de ce jour férié nous est offert par l’empire allemand qui en 1892 a souhaité instaurer par ordonnance le Vendredi saint férié.

Par la suite, lors du rattachement de l’Alsace-Moselle à la France, cette loi allemande, par la grâce de la mobilisation du peuple alsacien-mosellan pour le maintien des libertés acquises, ne fut pas abrogée et fut quelque peu confondue avec les questions du Concordat que la France a voulu supprimer oubliant (déjà, à l’époque) bien vite sa promesse de 1915 où elle s’engageait à respecter les coutumes et les sentiments des alsaciens-mosellans.

Parlons quand même ce qu’est le Vendredi saint. C’est une fête religieuse chrétienne où l’on fait mémoire de la crucifixion et la mort de Jésus Christ. Le message de ce jour est très fort puisqu’il s’agit de l’amour qui va jusqu’au don de soi, jusqu’à la mort.

Régulièrement attaqué, et encore actuellement par un certain nombre de candidats à la présidentielle française, le Concordat a été soumis à la décision du Conseil Constitutionnel qui, le 21 février 2013, l’a déclaré conforme à la Constitution de 1958.

Quand à la question des fériés du vendredi saint et de la St Etienne (le 26 décembre), ils sont des dispositions du droit local que nous pouvons retrouver dans le code du travail à l’article L3134-13 ; ce droit local favorable sur bien des points (fériés, sécurité sociale, faillite civile, livre foncier, droit associatif,…) est lui aussi régulièrement attaqué.

Cependant, et comme nous l’avons tous vu, une loi peut rapidement être défaite, ainsi rien n’est jamais complètement acquis si les libertés ne sont pas défendues et comprises.

Cette fête et son jour férié, font donc partie du droit local qui lui n’a jamais été complètement consacré par le droit français (absence de publication au journal officiel) et n’est pas non plus vraiment protégé par la constitution.

Ainsi par ces absences et manques, notre droit local (généralement plus favorable et/ou plus généreux que le droit français) est constamment sous la menace de toute les lois nouvelles faites par le parlement français. Le conseil constitutionnel dans une décision de août 2011 a « consacré le principe » (c’est à dire l’esprit d’une loi, mais on sait que celui-ci peut changer au grès des couleurs du parlement) selon lequel les dispositions propres aux trois départements « peuvent rester en vigueur » tant qu’elles n’ont pas été « remplacées par les dispositions de droit commun ou harmonisées avec elles ».

Bref, sur nos questions alsaciennes et mosellanes, nous n’avons ni protection ni garantie et c’est l’ensemble des députés et sénateurs français qui décident finalement s’ils tiennent compte ou pas du droit local dans les textes de lois qu’ils font.

Ne serait-ce pas à nous alsaciens de pouvoir en décider, ainsi que de proposer si besoin son évolution?

Tandis que certains candidats à la présidentielle veulent la mort de l’Alsace, d’autres découvrent soudainement qu’il existe un peuple alsacien, et couvrent les alsaciens de promesses. Plus que de défendre simplement à Paris ces textes très locaux, je m’engage, avec mes collègues candidats Unser Land, à tout faire pour que nous puissions chez nous en Alsace disposer d’une part législative propre sur ces problématiques, questions, disposition et applications de droit local et de concordat.

L’état d’esprit qui les ont construit et la philosophie de ces textes locaux repose sur des valeurs de respect, d’unité, d’entraide, de bon sens, d’humanisme,… (non travail le dimanche, maintien de salaire en cas d’absence, …). Preuve a été faite avec le temps sur l’intelligence de ces dispositions locales. En effet, l’Alsace et la Moselle ne sont pas complètement à la dérive ; nous avons une sécurité sociale bénéficiaire, un artisanat développé (et donc de l’emploi assuré), un tissus associatif vivant, une économie ouverte, une relation tranquille avec les religions, un souci de la famille, une attache au bien-être, le souci des autres (régulièrement l’Alsace est cité pour être la région la plus généreuse)…

Prenons conscience de ce que nous avons, décidons et gérons nous-même ces textes, assurons et développons l’avenir avec nos dispositions concordataires et de droit local.

Notre patrimoine est riche de culture et d’histoire!

Oui nous sommes le peuple alsacien!

Oui nous pouvons être fiers d’être alsaciens!

Joyeuses Pâques à tous! Scheena Oschtra an alla!!

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